Le préparateur du Sodicars Racing basé à Martillac en Gironde, Richard Gonzalez procède actuellement à des tests organisés aux portes de Teruel sur le Domaine Masia Pelarda. Des pilotes espagnols viennent essayer la gamme de prototypes : BV2 et BV6.
Les yeux encore remplis de sable, des images plein la tête… Richard Gonzalez, le patron du Sodicars Racing a retrouvé son bureau de Martillac en Gironde et, en silence réfléchit au bilan de ce Dakar. Une édition dans laquelle trois de ses Protos avaient été engagés, les trois sont passés sous le drapeau à damier à Jeddah et, il en est fier. A juste titre car, les trois équipages ont fait cure des soucis durant les 12 étapes et se sont battus en se surpassant pour arriver chaque soir au bivouac où ils étaient attendus. A pied d’œuvre, une équipe technique franco-espagnole assura avec maestria la maintenance des machines et, tout le monde avança dans le même sens dans une parfaite coordination. Un groupe vraiment homogène.
Dans les alentours de Djeddah, sur une immense plaine sablonneuse, une piste d’asphalte serpentait depuis l’horizon. Un à un, les concurrents du Dakar achèvent ici leur aventure, après près de 5000 km en spéciale parcourus en l’espace de 12 jours.
Philippe, Manuel et Roger imités par Mayeul, Monica et Franck ôtent leur casque et dévoilent un sourire qui parle de lui-même. « Ç’est fini ! » C’est l’heure de se congratuler, de se féliciter, de fondre…. « C’est toujours un sentiment très particulier de terminer un Dakar », reconnaissent les pilotes.
A 73 ans et demi – il tient à son demi – Roger Audas eut la caméra de « Bivouac » sur lui durant plusieurs minutes. Roger et Franck Maldonado s’acheminent vers Jeddah, l’arrivée, la délivrance et le plein bonheur. Car, en huit participations, sept abandons l’ont secoué. La 43ème édition semble lui sourire, il va la finir, l’achever… comme un grand qui s’est surpassé durant la quinzaine malgré trois casses de radiateur et de multiples crevaisons. « Mais, ne vendons pas la peau de l’ours » rectifie aussitôt ce gentleman.
Quand l’annonce d’un secteur sélectif long et difficile est annoncée, on ne sait jamais à quelle sauce les équipages vont être mangés ! Bien que raccourcie d’une cinquantaine de kilomètres pour des raisons sécuritaires, les six bonhommes du Sodicars Racing ont mangé… du sable et de la poussière sur les 464 km du secteur sélectif !
Au cours de cette étape 10, les concurrents ont pensé rouler sur une autre planète. Les évolutions géologiques prennent des centaines de millénaires pour faire sortir de terre des sculptures gigantesques aux formes parfois familières, parfois délirantes : là un champignon, ici un mammouth, ou encore une tulipe, une pyramide, une colonne grecque… Dans cette visite surréaliste, les pilotes avaient surtout pour mission de s’orienter et les slaloms entre les rochers géants n’ont pas été du goût de tout le monde… Des monuments funéraires nabatéens, eux aussi millénaires, qui font la réputation de la région d’Al Ula. Les yeux se sont régalés !
A l’issue de l’étape 9, la boucle de Neom, l’équipage Philippe Boutron et Mayeul Barbet (BV2) a donné leur ressenti sur ce secteur qui n’a épargné personne pas plus chez les pros que chez les amateurs… Ils sont rentrés déçus par le manque d’intérêt offert par les kilomètres.
Ce sont trois équipages avec la banane qui rangeaient leurs protos du Sodicars Racing sous la structure en arrivant à Neom. Accueillis l’un après l’autre par le patron Richard Gonzalez mais aussi par l’équipe mécanique totalement vouée à eux, tous les duos avaient quelque chose à raconter sur cette étape 9 partie du bord de la Mer rouge ce matin. Mais, elle était piégeuse la spéciale avec des cailloux, de la navigation… et dans ces conditions délicates, la crevaison guette que, l’on roule fort ou pas mais toujours sur un tempo convenable pour ne pas perdre le temps face au chrono.